
Bleu-quatre vint huit, bleu-quatre vingt huit! Chili! Chili! Rouge-dix neuf, rouge-dix neuf! Hike! Tous ces sons vont sont peut être familiers, il s’agit de Peyton Manning à l’œuvre sur la ligne de mêlée. Quarante secondes, oui il lui faut quarante secondes pour disséquer une défense et la mettre KO débout. Quel plaisir que le voir dans son rituel habituel d’avant snap. Il gesticule comme un chef d’orchestre qui donne le ton. Très peu de fausses notes, l’attaque est au diapason, et les fans qui apprécient le spectacle font monter les octaves. Quoi de plus surprenant que d’apprendre que le langage utilisé par Manning sur la ligne est le gaélique que son grand frère Cooper lui a apprit. Décidément, il est bien difficile de cerner cet extra-terrestre. En préparant cet article je suis allé sur Wikipedia et je suis alors tombé sur ses accomplissements depuis qu’il est passé professionnel. Accrochez-vous car la liste peut donner le tournis, voici quelques uns de ces exploits :
- 4 fois meilleur joueur de l’année (2003, 2004, 2008, 2009)
- 11 sélections pour le Pro Bowl (1999-2000, 2002-2010)
- 5 fois titulaire All-Pro (2003, 2004, 2005, 2008, 2009)
- 3 fois remplaçant All-Pro (1999, 2000, 2006)
- 2 fois remporté le prix Bert Bell (2003, 2004)
- 6 fois meilleur joueur offensif de la conférence AFC (1999, 2003, 2004, 2005, 2008, 2009)
- Rating le plus haut en moyenne lors d’une saison : 121.1 (2004)
- Le plus grand nombre de saisons avec plus de 4000 yards à la passe : 11
- Le plus grand nombre de passes complétées lors d’une saison : 450 (2010)
- Le plus grand nombre de matches avec un rating parfait : 4 (en incluant 1 match de playoff)
Comme vous pouvez le voir l’armoire à trophée doit être bien remplie chez les Manning. Pour le reste de ses prouesses, je vous invite à vous rendre sur le site de l’encyclopédie pour une liste plus exhaustive.
Interrogé sur ce qui différencie Manning du reste de ses compères, Jim Mora, ancien entraîneur des Colts, répondit que ce qui le place aux dessus des autres c'est la préparation. A ce stade du sport professionnel, il faut bien reconnaître que l'ensemble des Quaterback a de bonnes mécaniques. On n'est plus à leur apprendre comment il faut tenir ou lancer le ballon. Là où Manning est différent, c'est dans sa façon de préparer une rencontre. Avant chaque match, Manning rédige quarante pages de notes sur son prochain adversaire. Et cela est si précieux à ses yeux que ses notes sont conservées dans un coffre fort à son domicile. C'est le premier à venir à la pratique et le dernier à partir. Tony Dungy expliquait que pour ce joueur, chaque entraînement était pour lui un match de Super Bowl, et il était si fort dans sa préparation que sur toute une année, la défense des Colts n'était parvenu que deux fois à stopper cette machine. Et comme cela relevait d'un véritable exploit, la défense entière se voyait attribuer la balle de récompense.
Lorsque les Cots prit Anthony Gonzales comme choix de draft en 2007, ils étaient loin de s'imaginer que leur recrue n'allait pas pouvoir participer aux différentes activités organisés pour les rookies, et c'est pourtant lors de ces entraînements que le gros du système doit être ingurgité par les nouveaux. Gonzalez ne pouvait y participer car il lui restait encore quelques examens à passer pour obtenir son diplôme universitaire. Peyton Manning, étant perfectioniste et ne pouvant accepter son absence, décida de faire trois heures de route deux fois par semaine pour aller faire travailler le jeune pouce et le préparer à passer pro. Manning savait pertinement que Gonzalez avait été recruté dans le but de remplacer Marvin Harrison au poste de receveur. Quand on sait l'impact qu'avait Harrison sur le jeu, Manning préférait ne rien laisser au hasard. Si Gonzalez est devenu un joeur important dans l'effectif des Colts, il doit cela en grande partie à son Quartéback méticuleux.
Contrairement aux autres équipes qui jouent une attaque sans regroupement, Manning et les Cots ne le font pas forcément pour jouer plus vite afin maximiser le nombre de jeux lors d'une rencontre. Alors bien c'est sûr, l'idée principale reste la même, l'attaque sans regroupement empêche la défense adverse d'effectuer un changement de personnel. Par exemple, il est alors impossible de faire sortir le gros Nose Tackle pour un Nickel Back en situation évidente de passe sans avoir à prendre un temps mort pour stopper le jeu et prendre le temps de respirer un peu. Peyton Manning quant à lui prend tout son temps sur la ligne de mêlée. Le coordinateur offensif lui envoit un "concept", ce qui revient à lui dire de privilégier soit une soit une passe. Ensuite, on lui envoit une série de cinq jeux et c'est à lui que revient la décision finale. C'est après cette étape, que la commedia dell'arte peut commencer. Le général peut ainsi commencer à donner des ordres à ses troupes. Il profite du temps qui lui est attribué pour essayer de démasquer les intentions de la défense. Il est si fort à ce jeu que certains défenseurs disent avoir l'impression d'être déshabillés par son regard, ceci n'est bien sûr qu'une métaphore. Telle une vraie caméra de surveillance, il scrute chacun de leur faits et gestes. Pour rendre la tâche plus hardie des défenses qui s'essayent à masquer autant que possible leur couverture ou leur blitz, Manning s'amuse à faire semblant de communiquer des ordres à ses troupes et si la défense montre ses intentions alors il s'ajuste et communique des réels ajustements. Toute la difficulté et de savoir déterminer quand il communique ou quand il bluffe. C'est pour cette raison que les matches contre des équipes comme les Steelers ou les Patriots peuvent être une véritable partie de poker, c'est à celui qui bluff le mieux qui remporte la mise.
Beaucoup de gens ne comprirent pas le choix des Texans de Houston lors de la draft en 2006. Il y avait pourtant la possibilité de choisir des joeurs tels que Reggie Bush ou encore Vince Young. Mais non les Texans choisirent Mario Williams avec le premier choix de draft. Le propriétaire des Texans donna cette explication: "Nous jouons Peyton Manning deux fois par saison" cela suffit à justifier le choix d'un joueur de ligne défensive qui pourrait éventuellement perturber le show Manning. Il est si fort qu'il influence même le recrutement de ses adversaires. La seule critique qu'il ait vraiment reçu était le fait qu'il n'avait jamais encore remporté le Super Bowl, le "big one" comme l'appellent les américains. Mais c'est chose faite depuis 2007. Il avait battu tout un tas de record mais il lui manqué ce trophé, le plus prestigieux. Aujourd'hui, Peyton Manning peut se targuer de dire qu'il a désormais tout remporté. Il porte à présent deux bagues à ses doigts: celle de son alliance et celle des champions.
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